Cauet et ses trois complices, Cécile de Ménibus, Cartman et Miko ont décidé de "retourner la télé". Emissions télévisées, publicités, clips : rien ne leur a échappé ! Le résultat ? Des parodies délirantes, filmées dans le souci du détail. A la veille de son premier prime-time, Cauet revient sur ce divertissement...
Comment vous est venue l'idée de ce concept original ?
J'ai grandi avec Les Inconnus. Quand j'avais dix, onze ans, j'appréciais déjà les parodies et comme beaucoup, j'ai souvent imité, à la maison, des programmes télévisés... Faire une émission de parodies télé à mon tour, c'est réaliser un rêve de gamin. Pour moi, c'est le summum !
Comment avez-vous écrit les séquences ?
Nous avons travaillé avec des auteurs. La parodie est un exercice d'écriture difficile. Ce qui vous semble drôle sur le papier peut parfois vous décevoir une fois mis en scène. A l'inverse, c'est parfois lorsque l'on tourne, que l'on parvient à improviser une scène extrêmement drôle.
Vous êtes pourtant un habitué du genre...
Oui, nous avions déjà fait de nombreuses parodies de chansons, à la radio en particulier. Mais il s'agit cette fois, de reprendre des productions existantes, émissions télévisées, fictions ou clips vidéo.
Quelles étaient vos exigences ?
Elles étaient grandes. Il ne suffit pas de mettre une perruque pour faire une bonne parodie. Je voulais que cela soit juste et innovant. Il ne fallait surtout pas faire "Les Inconnus bis". J'ai expliqué à mon équipe cette idée un peu folle de prime-time, en public, avec de nombreuses heures de production en amont... Ca n'avait jamais été fait, en tout cas sur TF1.
Comment avez-vous procédé ?
Chaque tournage a été très différent. Nous ne nous sommes pas contenté de placer des caméra dans le studio et d'enchaîner les parodies... Au contraire, nous avons, à chaque fois, réfléchi à la manière dont on pouvait tourner car je souhaitais m'approcher au plus près du style de chaque programme. Nous avons, par exemple, tourné "notre" Qui veut gagner des millions ? en plateau et en public, lumière et musique à l'appui. Nous nous sommes adjoint les services et la technique d'une fiction pour Les experts, c'est-à-dire steadycam, éclairage et découpage cinéma, ainsi que la réalisation d'Olivier Megaton. Et puis, nous ne voulions pas nous contenter de simples parodies. Nous nous sommes efforcés d'être visionnaires, en nous projetant dans cinq, six ans, pour imaginer l'évolution du Maillon faible et en réalisant des Qui veut gagner des millions ? en régions. J'espère, d'ailleurs, que cette idée plaira à Jean-Pierre Foucault ! Mais à chaque fois, nous avons tourné beaucoup plus de choses qu'on ne peut en garder pour l'émission...
Le travail de montage est donc décisif ?
Oui et c'est même un peu frustrant parfois ! Il arrive que l'on tourne une séquence de quinze minutes et qu'il faille la ramener à sept. Cette phase a parfois été d'une terrible violence pour nous ! Mais elle nous réserve aussi de bonnes surprises et il nous arrive même d'être bluffés par les résultats, comme c'est le cas avec Vis ma vie (avec Gilbert Montagné), les "Caueers" ou le clip de Sean Paul, qui devient Jean-Paul...
Que dire de l'ambiance des tournages ?
Il y a eu des vrais moments de fous rires. Et même un jour où tout le monde a cru que je faisais la gueule. En fait, la barbe de l'Expert Grissom me prenait tout le visage, me tirait la peau et je ne pouvais pas sourire -ce qui n'est pas plus mal puisque Grissom fait toujours la gueule-...
Vous appréciez la convivialité dans le travail... Cet été, Sagas consacre d'ailleurs un sujet à votre équipe, Cécile de Ménibus, Cartman et Miko.
Oui, nous avons même un peu poussé l'équipe de Sagas à faire des choses mais je crois qu'ils se sont bien amusés... Ce reportage sera l'occasion pour le public habitué à nous voir ensemble, de nous connaître un peu mieux. A mon avis, le travail en équipe est nécessaire parce qu'il est impossible de faire l'unanimité en terme d'humour. Il est donc important que les personnes qui travaillent avec vous, vous comprennent mais ne soient pas nos plus vos premiers fans. Toutefois, cela n'empêchera pas le public de découvrir d'autres visages de l'équipe qui apparaissent très rarement à l'écran. Comme dans une formation de foot, il y a des gens à l'avant mais ceux qui sont à l'arrière montent de temps en temps en tête et marquent un but... On a essayé lors du casting de voir qui correspondait le mieux pour un personnage. Cela ne sert à rien d'essayer de faire "entrer" des gens en chausse-pied dans un rôle. Par exemple, pour Vis ma vie, il était naturel que Cecile tienne le rôle de Laurence Ferrari; pour les Caueers, on ne pouvait qu'être entre hommes. Nous n'avons pas voulu nous travestir quand cela n'était pas nécessaire. A l'inverse, nous ne nous en sommes pas privés quand c'était vraiment drôle.
Comment avez-vous choisi vos invités ?
Nous avons choisi des personnes que l'on apprécie, des "guest" et pas seulement des vedettes. Nous ne nous sommes pas dit : "Tiens on va inviter Jean Reno parce que ce serait bien "d'avoir" Jean Reno"...
L'émission est prête. Quelles sont vos premières impressions ?
Je me fie à celles du public. En plateau, quand nous leur avons projeté les parodies, les 400 personnes du public qui avaient patienté pendant des heures de mise en place, ont ri et applaudi. A ce moment, on s'est dit "c'est bon" ! A la fin de l'émission, j'ai tenu à présenter un bêtisier des tournages. Mais avant, j'ai fait monter sur scène toutes les personnes qui avaient participé à cette aventure. On se rend alors compte du travail conséquent exigé par ce prime.
Quelle conclusion en tirez-vous ?
Ce premier prime-time représente un gros travail mais nous sommes satisfaits du résultat. On commence déjà à réfléchir à une suite... Par ailleurs, tourner ce remake des Experts m'a donné envie d'explorer la voie de la fiction humoristique ! Un jour, peut-être...
En attendant, vous venez de terminer le doublage de Garfield 2. Vous êtes la voix de Garfield, un personnage drôle quoique...atypique...
Je me suis "éclaté" ! J'ai vécu un moment génial, j'ai pu aller encore plus loin que dans le premier film... Ce chat n'est pas méchant, mais il fait la gueule tout le temps et il ne faut pas le sortir de son univers, c'est tout...